Danseuse folklorique en mouvement

Compétence sensible et prise de décision

J’interroge ce qui pourrait s’appeler la compétence sensible en tant que manière de nous adapter et nous laisser plus ou moins imprégner par notre environnement. 

Je m’intéresse en particulier aux métiers où les enjeux relationnels participent de manière fondamentale à l’activité.

L’apprentissage peut être comparé à un réajustement vers une mise en mouvement qui dépend de l’activation d’un environnement aussi bien que de la perception sensible de cet environnement et de l’interprétation conceptuelle qui en est éventuellement faite.

Il n’y a donc plus de séparation entre questions identitaires et questions de pratiques. Sont plutôt interrogées la construction et déconstruction des normes et filtres perceptifs qui reflètent un environnement vécu comme contraint ou épanouissant.

Permettant d’envisager un niveau de complexité (E. Morin) qui dépasse largement les mécanismes d’analyse d’une situation dont un sujet peut être conscient, une théorie du geste comme émergence d’un équilibre complexe qui s’exprime dans la sensation du "savoir y faire" (G. Leboterf) est une piste de réflexion prometteuse dans l’accompagnement d’adultes évoluant eux-mêmes dans des environnements d’une grande complexité.

Aborder l’apprentissage dans cet équilibre permet non seulement d’intégrer les contraintes professionnelles des sujets et leurs besoins mais aussi la question de leur épanouissement et leur élan naturel à agir (leur motivation intrinsèque) au travers de la question de cette sensation ou reconnaissance du juste pour soi.

 Une des conditions en serait que le sujet considère la réflexivité comme une phase inscrite dans un cycle vital expérientiel plus vaste et non comme une fin en soi.