Danseuse folklorique en mouvement

Compétence sensible et prise de décision

J’interroge ce qui pourrait s’appeler la compétence sensible en tant que manière de nous adapter et nous laisser plus ou moins imprégner par notre environnement. 

Je m’intéresse en particulier aux métiers où les enjeux relationnels participent de manière fondamentale à l’activité.

Permettant d’envisager un niveau de complexité (E. Morin) qui dépasse largement les mécanismes d’analyse d’une situation dont un sujet peut être conscient, une théorie du geste comme émergence d’un équilibre complexe qui s’exprime dans la sensation du "savoir y faire" (G. Leboterf) est une piste de réflexion prometteuse dans l’accompagnement d’adultes évoluant eux-mêmes dans des environnements d’une grande complexité.

Aborder l’apprentissage dans cet équilibre permet non seulement d’intégrer les contraintes professionnelles des sujets et leurs besoins mais aussi la question de leur épanouissement et leur élan naturel à agir (leur motivation intrinsèque) au travers de la question de cette sensation ou reconnaissance du juste pour soi.

 Une des conditions en serait que le sujet considère la réflexivité comme une phase inscrite dans un cycle vital expérientiel plus vaste et non comme une fin en soi.

 
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"L'écologie du geste"

"C’est par nos gestes que nous infléchissons le monde tout en même temps que nous le découvrons.

L’autonomie, c’est ainsi pouvoir naviguer en mer, porter sa cuillère à la bouche ou pédaler à vélo pour la première fois. C’est avant tout par un rapport sensible au monde privilégié, et par là même socialisé, que je me sens et suis autonome." (La pédagogie sensible, Capucine Brémond)

 
Rose et cercles noirs

La relation au savoir et aux apprenants dans l'accompagnement des adultes

Les questions sur l’autonomisation des apprenants peuvent être soulevées pour rappeler, qu’à un moment donné, le formateur devra s’effacer de la relation jusqu’à ce que sa présence ne soit plus nécessaire. J’aborde également ces questions du point de vue de l’apprenant qui se vit en formation puis éventuellement, « plus en formation » donc, « connaissant ». Comment le formateur peut-il impacter ce sentiment d’aboutissement et de connaissance ?

Cette mise en discussion des liens entre savoir, apprenant et formateur a occupé mes recherches au Lycée Hélène Boucher (Délégation Académique de la Formation - Rectorat de Paris) mais également sur le terrain de la petite enfance auprès de la CNAF. Se demander comment les Kinésithérapeutes pourraient aborder leur relation avec les patients en tant que cliniciens chercheurs entre aussi dans ce champ d’étude.

Je me situe dans un courant de recherche-action existentielle (G. Pineau, P. Galvani) ma démarche est celle d’une clinicienne (M. Cifali) qui commente ses propres expériences.