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Mise en mouvement et prise de décision

L’apprentissage peut être comparé à un réajustement vers une mise en mouvement qui dépend de l’activation d’un environnement aussi bien que de la perception sensible de cet environnement et de l’interprétation conceptuelle qui en est éventuellement faite.
Il n’y a donc plus de séparation entre questions identitaires et questions de pratiques. Sont plutôt interrogées la construction et déconstruction des normes et filtres perceptifs qui reflètent un environnement vécu comme contraint ou épanouissant.
Permettant d’envisager un niveau de complexité qui dépasse largement les mécanismes d’analyse d’une situation dont un sujet peut être conscient, une théorie du mouvement comme émergence d’un équilibre complexe qui s’exprime dans la sensation du juste (et non dans l’explication justifiée de ce qui devrait être réalisé) est une piste de réflexion prometteuse dans l’accompagnement d’adultes évoluant eux-mêmes dans des environnements d’une grande complexité.
Aborder l’apprentissage dans cet équilibre permet non seulement d’intégrer les contraintes professionnelles des sujets et leurs besoins mais aussi la question de leur épanouissement et leur élan naturel à agir (leur motivation intrinsèque) au travers de la question de cette sensation ou reconnaissance du juste pour soi.
Il ne s’agit pas alors pour un sujet de trouver la juste place mais plutôt son « comportement privilégié » (G. Canghuillhem). Pour cela, une phase de réflexivité sur nos mécanismes d’apprentissage (J. Mezirow), sur nos processus d’auto-régulation (JC. Zimmermann, Ph. Carré) mais aussi sur notre rapport à l’environnement et nos besoins pourrait être la clef d’un sentiment d’autonomie et d’épanouissement. La condition en serait que le sujet considère la réflexivité comme une phase inscrite dans un cycle vital expérientiel et non comme une fin en soi.